Écoute, échange, proximité : pendant un mois, IPERIA a réuni les organismes de formation partenaires à travers toute la France. Ces journées de travail partagé autour des certifications, des compétences et des parcours individualisés illustrent une manière concrète d'exercer la mission déléguée par la branche professionnelle des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile, au plus près de ceux qui forment.
Un secteur en mouvement, des certifications qui anticipent
Le secteur des particuliers employeurs ne se contente plus de s'adapter : il anticipe. Les métiers évoluent, les publics se diversifient, les besoins des familles se complexifient. L'employé familial d'aujourd'hui n'est plus tout à fait celui d'hier, capable de s'adapter aussi bien à l'accompagnement de familles avec enfants qu'à celui de personnes plus isolées. L'assistant de vie voit la dimension relationnelle et communicationnelle de son métier s'affirmer bien plus qu'il y a cinq ans : comprendre le particulier employeur, accompagner la fin de vie. L'assistant maternel, lui, intègre de plus en plus la prise en charge d'enfants en situation de handicap dans son quotidien.
C'est précisément pour répondre à ces transformations que les certifications évoluent. Les six certificats inscrits au Répertoire Spécifique (RS) et les trois titres à finalité professionnelle (RNCP) récemment renouvelés par France Compétences en témoignent. Mais au-delà du renouvellement, c'est toute l'architecture de la certification qui se restructure : l’« assistant de vie – dépendance » devient « assistant de vie », le « garde d'enfants » se décline sous l'appellation d'« assistant parental », les certifications complémentaires s'ouvrent à l'ensemble des métiers.
Quant au certificat professionnel « auxiliaire d'entretien du cadre de vie », pouvant être assimilé à un niveau 2, il mérite une attention particulière. Première marche d'entrée dans le secteur, il s'adresse en priorité aux publics les plus éloignés de l'emploi et leur ouvre une voie concrète vers le secteur, grâce à un accompagnement ciblé et des passerelles vers d’autres certifications. Expérimenté à travers la France en partenariat avec France Travail, il répond à une logique portée par l'Union européenne de valoriser chaque niveau de compétence, et à une réalité de terrain : à titre d’exemple, en Bretagne seule, près de 40 000 postes seront à pourvoir d'ici 2030.
Des parcours sur mesure : une nouvelle approche de l’accompagnement
L'une des évolutions les plus significatives à l'œuvre concerne la manière d'accompagner les salariés. Face à la diversité des publics et à des besoins en emploi parfois très spécifiques selon les territoires, IPERIA fait évoluer son approche vers davantage de sur-mesure à travers son offre Orientation & Evolution : des parcours modulaires, enrichis de ressources numériques et d'ateliers emploi, coconstruits avec le candidat pour clarifier son projet, valoriser ses compétences et développer son activité.Une nouvelle fonction incarne cette transformation : le COEPS (Conseiller en Orientation et Évolution Professionnelle Sectoriel), qui articule orientation, ateliers et modules adaptables. Les passerelles entre certifications s'en trouvent renforcées : comment faciliter les transitions d'un métier à l'autre ? Comment valoriser les compétences de salariés qui exercent déjà, parfois depuis des années, sans certification formelle ? La VAE reste une voie centrale et, on observe par exemple que certaines assistantes maternelles, trouvant moins d'enfants à garder, se réorientent progressivement vers le métier d'assistante de vie. Des itinéraires professionnels qui ne se décrètent pas, mais qui se construisent, pas à pas.
Des réunions régionales pour dessiner un avenir commun
C'est dans ce contexte que s'inscrivent les réunions régionales organisées par IPERIA en mai et juin auprès de ses 230 organismes de formation partenaires, en présentiel et en distanciel, à travers toute la France, sous le fil conducteur « Certification et innovation : construire ensemble les parcours de demain ».Ces journées ne constituent pas des réunions d'information descendante. Elles sont le lieu où les évolutions en cours sont mises à l'épreuve du terrain : retours d'expérience, questions de fond, ateliers. Les organismes de formation y sont des interlocuteurs à part entière, dont la parole façonne directement les outils de demain. Les échanges autour des trois grands domaines du secteur (famille, petite enfance et maintien à domicile) s'appuient sur les enquêtes métiers menées par IPERIA, mandaté par la branche professionnelle, auprès de plus de 4 000 salariés.
Ce que les organismes de formation disent et ce qu’ils attendent
Sur la relation avec IPERIA, les retours des organismes sont convergents : « Cela a toujours été facile d'échanger, par appel ou par mail », « J'apprécie la plateforme où tout est à disposition, c'est simple et pratique ». Ce n'est pas anodin dans un secteur où les organismes jonglent avec des rôles multiples : formateurs, évaluateurs, relais de terrain.Les attentes exprimées dessinent elles aussi les contours de ce que pourrait être l'accompagnement de demain : des tutoriels sur le déroulement des évaluations en distanciel, des formats vidéo illustrant des perspectives de carrière, une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux. En réponse, une capsule numérique à destination des évaluateurs est en cours d'étude, accessible depuis le site iperia.eu. La transmission régulière de données sectorielles est également envisagée. Ce que ces échanges confirment, c'est qu'expliquer la certification (ses évolutions, sa logique, ses outils) est aussi important que la certification elle-même. La pédagogie n'est pas un à-côté : c'est le cœur de la mission.
Micro-certifications, passeport de compétences : les chantiers ouverts
Les réunions régionales permettent aussi de partager des réflexions encore en construction. Les micro-certifications, réponse possible à la demande croissante d'agilité et de rapidité dans les parcours, font l'objet d'une expérimentation portée par IPERIA à travers le projet européen MyCred4Home, en lien avec la branche professionnelle. Le passeport de compétences, lui, s'orienterait vers un historique actualisable des acquis professionnels : un outil de traçabilité au service des salariés tout au long de leur carrière.Derrière ces évolutions, il y a des mois de travail collectif et une conviction partagée. Camille Savre, Responsable du Service ingénieries des métiers et certifications professionnelles, en donne la mesure : « Après 18 mois de travaux, ces réunions régionales représentent l'aboutissement de notre projet d'ingénierie car ils permettent à la fois de rendre compte du travail effectué et de renforcer les liens avec les organismes de formation partenaires et faire un passage de relais auprès d'eux, qui vont pouvoir mettre en œuvre nos nouvelles certifications. C'est à la fois très riche d'avoir leurs retours et extrêmement stimulant de passer au démarrage des nouveaux parcours ! ».
Vous êtes organisme de formation partenaire d'IPERIA ? Retrouvez les ressources et outils mis à disposition sur votre espace OF.